Nous avons tenu le plus longtemps possible. Aujourd’hui, le 7 Mars 2026, nous, 6 membres élues du Comité
Directeur Fédéral, dont 3 membres du bureau, annonçons notre démission collective. Ce choix n’est pas un
abandon. C’est un refus.
Ce que nous avions cru possible
Nous avions rejoint cette gouvernance convaincues qu’un projet fondé sur l’écoute, la collégialité et la
transparence était possible. Les premiers mois ont rapidement dissipé cette espérance : absence de débat réel,
décisions imposées, parole confisquée — et le départ regretté de salariés et cadres expérimentés, emportant
avec eux des années de savoir-faire.
Toute parole divergente a d’abord été ignorée, puis étouffée, puis sanctionnée. Nos signalements légitimes ont
été retournés contre nous, transformés en prétextes pour nous discréditer et nous empêcher d’exercer nos
mandats. On nous a qualifiées d’« élues déloyales » et de « traîtres » pour avoir simplement tenté de servir
celles et ceux qui nous avaient élues.
Des valeurs bafouées
Notre sport, qui se veut éthique, éducatif, esthétique et efficace, est aujourd’hui dirigé par des méthodes que
nous considérons être aux antipodes de ces idéaux. Ce sont ces mêmes valeurs qui font la richesse de la
savate et de ses disciplines associées — et c’est précisément pourquoi rester au sein d’un comité directeur qui
a cessé d’en être un n’est plus une option.
Un combat inégal
Avant d’en arriver là, nous avons tenté tous les recours internes. Nous espérions que l’intérêt collectif primerait.
Mais la crise, qui aurait pourtant pu être endiguée dès le mois d’août, s’est transformée en un combat inégal :
d’un côté, des bénévoles armées seulement de leur temps et de leur attachement aux valeurs de nos
disciplines ; de l’autre, une gouvernance qui a mobilisé les moyens de la fédération — ses canaux officiels, son
site, ses ressources humaines — non pas au service du projet sportif, mais pour étouffer toute contestation, au
mépris des principes qu’elle est censée incarner.
Comme l’a rappelé la madame Ministre des Sports, « le sport est avant tout un espace de confiance, de
respect, d’émancipation et d’égalité. » Nous avons porté ces mots comme une boussole. Ils n’ont pas suffi à
changer le cours des choses.
À celles et ceux dont la voix s’est levée
Quel que soit votre rôle dans notre mouvement sportif, vous avez choisi de vous exprimer plutôt que de vous
résigner. En guise de réponse, au lieu d’honorer l’engagement de campagne d’« écoute du terrain », la
gouvernance a fait le choix de vous opposer des obstacles administratifs et juridiques pour ne pas vous
entendre. Vous méritiez mieux.
Ne vous découragez pas. Cette fédération est la vôtre — vous qui faites vivre la savate et les disciplines
associées sur les territoires, dans les clubs, au quotidien. Elle doit le rester.
Notre départ n’est pas une fin
Nous sommes 6 femmes. Nous ne faisons pas de ce fait un étendard et notre démission n’est pas un
mouvement féministe — d’autres, hommes et femmes, ont eu le courage de s’opposer à cette dérive.
Mais, le calendrier a voulu que ce soit aujourd’hui. Alors, à la veille du 8 mars, un mot : que notre départ ne
décourage aucune femme de s’engager. Le sport a besoin de celles qui osent, qui questionnent, qui refusent de
se taire.
Nous continuerons à en être — ailleurs, et en défendant ce que la savate et les disciplines associées devraient
être : un espace de respect, d’exigence et de sens.
Djill Deniau – Marie-Alice Devoille – Emilie Fredonie –
Sandrine Gasperoni – Sophie Metz – Josefina Perez-Digon