Savate Révocation

L’ambition de construire, pas de détruire…

 

« Parce qu’Alerter est une Responsabilité »

Le 25/03/2026

À l’attention des clubs, des athlètes et de l’ensemble des officiels,

Depuis plusieurs semaines, notre discipline traverse une période de tensions dont la gravité ne nous permet plus de garder le silence. La réponse du Président, M. METAY Nicolas, en date du 19 mars 2026, cosignée par le Directeur Technique National, M. PERNET Albert, faisant suite à la diffusion de la pétition relative au « Respect de l’indépendance de l’arbitrage et à la transparence des désignations », nous conduit aujourd’hui à nous adresser directement à vous.

Cette prise de parole n’est ni une posture, ni une opposition de principe. Elle s’inscrit dans une continuité : celle des courriers que notre Représentante a adressés au DTN, restés pour l’essentiel sans réponse précise et dans lesquels elle a, de manière argumentée, exposé des faits, des interrogations et des inquiétudes fondées.

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse un simple différend interne. Il s’agit d’un enjeu structurel : la préservation de l’indépendance de l’arbitrage, sans laquelle il ne peut exister ni équité sportive, ni crédibilité des résultats.

Car l’arbitrage n’est pas un élément périphérique de notre organisation. Il en est le garant. Il protège les athlètes, sécurise les compétitions et assure aux clubs que l’engagement qu’ils portent repose sur des règles appliquées de manière impartiale.

Le travail conduit au sein de la Commission Nationale d’Arbitrage n’a jamais été dissocié du projet fédéral ; il s’y est toujours inscrit, avec exigence et loyauté, en lien constant avec la direction technique fédérale, un cadre technique de l’État y siège et participe à ses travaux.

Il est donc essentiel de rappeler qu’il n’existe aucune opposition entre officiels, athlètes et clubs. Tenter de le faire croire revient à fragiliser l’ensemble de l’édifice.

1. Un cadre légal clair, des principes non négociables

Le Code du sport encadre précisément ces enjeux.

L’article L.131-14 rappelle que les fédérations délégataires exercent une mission de service public et doivent organiser les compétitions dans le respect des principes d’égalité et d’impartialité.

L’article L.131-16 leur impose de garantir le respect des règles techniques, ainsi que l’équité des compétitions.

Enfin, l’article L.223-1 dispose que les arbitres et juges exercent leur mission en toute indépendance et impartialité.

Ces dispositions ne relèvent pas de principes abstraits. Elles constituent des obligations. Elles impliquent que toute procédure de désignation des officiels soit transparente, compréhensible et totalement indépendante de toute logique liée à la performance sportive ou à la sélection des athlètes.

Or, les éléments portés à notre connaissance et qui ont été exposés dans de précédents courriers, interrogent directement le respect de ces principes.

2. Des faits précis, des réponses insuffisantes

Dans les échanges engagés avec le DTN, plusieurs points ont été clairement soulevés :

– l’absence totale de concertation avec la CNA, pourtant statutairement compétente en matière d’arbitrage ;
– l’annulation unilatérale des ventilations élaborées par cette commission par le DTN, M. PERNET Albert ;
– l’absence de communication sur les critères retenus pour établir de nouvelles désignations ;
– l’impossibilité d’identifier les personnes ayant participé à ces choix ;
– la présence, dans les circuits de décision, d’acteurs susceptibles d’être en situation de conflit d’intérêts sportif.

À ce jour, aucune réponse précise, circonstanciée et documentée n’a été apportée à ces interrogations.

Ce silence, conjugué aux décisions prises, a conduit à une mobilisation sans précédent : une pétition regroupant 83 officiels, soit plus de 72 % du corps arbitral. Il est inexact et profondément réducteur, de présenter ce mouvement comme l’initiative isolée d’une seule personne. Il traduit au contraire une inquiétude collective, construite et assumée.

3. Une mise en cause implicite, mais réelle

Il nous est affirmé que l’intégrité des officiels n’est pas remise en cause.

Pourtant, les termes employés dans le courrier du 19 mars — « favoritisme », « ostracisme », « conflits d’intérêts manifestes », « suspicions légitimes de partialité » — constituent, en eux-mêmes, une remise en cause directe de la probité du corps arbitral.

Ces allégations sont d’autant plus préoccupantes qu’elles ne reposent sur aucun élément factuel : aucun témoignage circonstancié, aucun rapport, aucun fait objectivé n’a été porté à notre connaissance, ni à celle de la CNA, ni même à la connaissance du Comité Directeur, pourtant, en place, depuis novembre 2024.

Par ailleurs, évoquer des « suspicions légitimes de partialité » revient à ignorer le cadre réglementaire existant, précisément conçu pour prévenir ces situations, et que nous appliquons avec rigueur.

4. Des incohérences objectivables dans les désignations

Au-delà des principes, les faits observés dans les nouvelles ventilations viennent renforcer ces inquiétudes.

Nous avons relevé, de manière factuelle :

– la désignation d’officiels ne présentant pas le niveau requis pour des Finales au regard des évaluations réalisées lors des compétitions précédentes ;
– le cumul de désignations sur un même officiel, parfois sur plusieurs finales, au détriment d’autres officiels de niveau équivalent ;
– une surreprésentation d’officiels issus d’une même ligue, là où un équilibre était possible ;
– le retrait total des profils Juge-Arbitre féminins sur une finale Elite ;
– ainsi que des incohérences manifestes entre les critères affichés et les choix opérés.

Ces constats ne relèvent pas d’une interprétation. Ils s’appuient sur des données, des évaluations et une connaissance précise des officiels, construite au fil des saisons.

Ils confirment que l’exercice de la ventilation ne peut être réduit à une simple répartition administrative. Il exige une expertise spécifique, une vision d’ensemble et une cohérence que seule une instance dédiée est en mesure de garantir de manière collégiale.

5. Un fonctionnement qui interroge sur le plan démocratique

Il apparaît également que les décisions évoquées comme étant soutenues par les élus n’ont, en réalité, été portées qu’à la connaissance d’un nombre restreint de membres du comité directeur. C’est bien notre Représentante élue au Comité Directeur qui a, légitimement, élargi les échanges à l’ensemble des membres élus.

Ce constat interroge sur les conditions de prise de décision, sur le niveau d’information des élus et, plus largement, sur le respect du principe de collégialité.

6. Alerter : un devoir, pas une stratégie

Contrairement à ce qui a pu être suggéré, notre démarche ne s’inscrit pas dans une logique de déstabilisation.

Elle s’inscrit dans une exigence de responsabilité, au regard de la mission de service public déléguée à la fédération.

Alerter sur des dysfonctionnements, demander des explications, exiger de la transparence : cela relève du devoir, non de la contestation.

7. Ce que nous défendons, collectivement

Nous défendons une vision du sport fondée sur des principes simples mais essentiels :

– un arbitrage indépendant, exercé dans le respect des règles ;
– une équité réelle entre les compétiteurs ;
– une transparence des décisions ;
– un respect mutuel entre tous les acteurs.

Sans cela, la compétition perd son sens.

8. Un choix assumé, au prix d’un sacrifice

Malgré la gravité des éléments exposés, nous avons fait le choix, après concertation, de ne pas entraver le déroulement des Finales Combat 1ère série.

Ce choix vise à ne pas pénaliser les athlètes, à respecter l’engagement des clubs, à ne pas priver notre discipline de la fenêtre médiatique prévue avec les retransmissions par Fight Nation et pour finir, ce choix vise à permettre à la France d’être représentée lors des échéances internationales.

Il s’agit d’un choix difficile, qui constitue un véritable sacrifice au regard des principes que nous défendons.

Nous ne pouvons, toutefois, nous porter garants de la cohérence des nouvelles désignations, ni des conséquences sportives qui pourraient en découler.

9. Un appel à la lucidité

Clubs, athlètes, officiels, nous sommes interdépendants.

Ce qui atteint l’un atteint l’ensemble.

Nous appelons chacun à mesurer, avec lucidité et responsabilité, la portée des décisions actuelles et les conséquences qu’elles peuvent engendrer.

Nous restons pleinement engagés au service de notre discipline.

Mais cet engagement suppose, nécessairement, transparence, dialogue et respect des cadres établis.

L’intégrité du sport n’est pas une option.
Elle est une exigence.

Les Délégués Officiels Nationaux (12/12)

BAGHEZZI Kafia
DEMARET Philippe
DI GUGLIELMO Franco
GUIRARD Jean-Pierre
JECKER Jean-Marie
MULLER Frédéric
NICOLAS Patrick
POCAS Antonio
REDON Rodolphe
RUDZKI Bruno
RYO Muriel
ZOUAOUI Lilas